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Pierres précieuses et pierres fines : bien comprendre les appellations

Pierres précieuses et pierres fines : bien comprendre les appellations

On parle volontiers de « pierres précieuses » pour toutes les gemmes colorées. En France, pourtant, le terme est réservé à quatre pierres seulement. Les autres, souvent très belles et parfois très chères, sont des pierres fines. Cette distinction, fixée par la réglementation française, n’est pas un jugement de valeur : elle répond à une tradition et à un souci de clarté pour l’acheteur.

Les quatre pierres précieuses

Selon la réglementation française sur le commerce des pierres gemmes, l’appellation « pierre précieuse » est réservée à :

  • le diamant ;
  • le rubis ;
  • le saphir ;
  • l’émeraude.

Le rubis et le saphir appartiennent d’ailleurs à la même espèce minérale, le corindon : rouge, il s’appelle rubis ; de toute autre couleur, saphir. On trouve ainsi des saphirs roses, jaunes, verts ou incolores, et pas seulement bleus. L’émeraude est une variété de béryl, de couleur verte.

Pour le diamant, voir aussi les 4 C du diamant.

Les pierres fines

Toutes les autres gemmes d’origine naturelle sont des pierres fines. La liste est longue. Voici les plus courantes en bijouterie :

PierreFamilleCouleurs fréquentesDureté (Mohs)
Améthystequartzviolet7
Citrinequartzjaune à orangé7
Aigue-marinebérylbleu clair7,5 à 8
Topazetopazeincolore, bleu, jaune, rose8
Grenatgrenatsrouge, vert, orangé6,5 à 7,5
Tourmalinetourmalinetoutes couleurs7 à 7,5
Péridotolivinevert6,5 à 7
Spinellespinellerouge, rose, bleu8
Opalesilice hydratéejeux de couleurs5,5 à 6,5
Turquoisephosphatebleu, vert5 à 6

Certaines pierres fines rares, comme certains spinelles ou certaines tourmalines, valent plus cher que des pierres précieuses de qualité ordinaire. L’appellation ne dit donc rien du prix d’une pierre en particulier.

Et les matières organiques ?

Les perles, le corail, l’ambre et le jais ne sont pas des minéraux : elles sont d’origine animale ou végétale. On les classe à part, parmi les matières organiques. Les perles font l’objet de règles d’appellation particulières, présentées dans perles fines et perles de culture.

La dureté de Mohs

L’échelle de Mohs classe les minéraux de 1 à 10 selon leur résistance à la rayure : un minéral raye tous ceux qui ont un indice inférieur. Le talc est à 1, le quartz à 7, le corindon à 9 et le diamant à 10.

Cette échelle a une conséquence pratique : la poussière ordinaire contient du quartz. Une pierre dont la dureté est inférieure à 7 se raye donc peu à peu au contact de la poussière et des surfaces. Les opales, turquoises, perles et pierres organiques demandent plus de soin que les saphirs ou les diamants.

Attention, la dureté n’est pas la ténacité. Une pierre très dure peut être cassante : le diamant lui-même peut se fendre sur un choc net dans certaines directions.

Les traitements

De nombreuses pierres sont traitées pour améliorer leur couleur ou leur pureté. C’est une pratique ancienne et répandue, qui n’a rien de malhonnête à condition d’être signalée. Parmi les plus fréquents :

  • le chauffage, très courant pour les saphirs, les rubis, les aigues-marines ou les citrines ;
  • l’huilage ou l’imprégnation de résine, courant pour les émeraudes, afin d’atténuer la visibilité des fissures ;
  • l’irradiation, utilisée notamment pour obtenir certaines topazes bleues ;
  • le remplissage de fissures par du verre ;
  • la stabilisation des turquoises par imprégnation.

Certains traitements sont stables et permanents, d’autres demandent des précautions : une émeraude huilée ne doit pas passer dans un bain à ultrasons, par exemple. Un vendeur sérieux indique les traitements connus et les précautions à prendre.

Pierres naturelles, synthétiques, imitations

Il faut aussi distinguer :

  • les pierres naturelles, formées dans la nature ;
  • les pierres synthétiques, fabriquées en laboratoire, avec la même composition et les mêmes propriétés que leur équivalent naturel ;
  • les imitations, qui en ont seulement l’apparence : verre, oxyde de zirconium cubique, matières plastiques.

La réglementation impose que les pierres synthétiques et les imitations soient désignées comme telles. Les pierres reconstituées ou composites (doublets, triplets) doivent l’être aussi.

Bien choisir et bien porter

Pour une bague portée tous les jours, on privilégiera des pierres dures et tenaces, et un serti protecteur. Pour un pendentif ou des boucles d’oreilles, moins exposés, on peut se permettre des pierres plus tendres. Et dans tous les cas, l’entretien doit être adapté à la pierre : voir entretenir ses bijoux.

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