Pérou, les royaumes du soleil et de la lune

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Parure Chimú, or, 900-1476 apr. J.-C. Photo : Marilie Jacob

 

Le Musée des Beaux-arts de Montréal présente actuellement « Pérou, les royaumes du soleil et de la lune », une exposition qui nous permet non seulement d’admirer quelques trésors précolombiens, mais nous présente également l’évolution à travers du temps de l’identité péruvienne. Un parcours qui couvre 3 000 ans d’histoire.

Dans la première section de l’exposition, on découvre les pièces de céramique, les parures, les tissages et les objets rituels des civilisations Mochicas, Lambayeque, Chimú et Incas. Chacun des objets exposés illustre divers aspects des croyances. Au fil de la visite, on se rend compte que beaucoup des thèmes iconographiques  de la cosmologie précolombienne continueront à être représentés au cours des diverses périodes historiques.

Côté joaillerie, le moins que l’on puisse dire est que les pièces exposées sont impressionnantes, autant au niveau technique que par leur aspect imposant. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’admirer des parures de cette dimension fabriquées entièrement en or.

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Gants et gobelet Lambayeque, or et turquoises, 750-1375 apr. J.-C. Photo : Marilie Jacob

 

En consultant le livre de l’exposition,  je suis tombée sur un chapitre très intéressant de Carole Fraresso portant spécifiquement sur la perception et la symbolique des métaux précieux pour les précolombiens. L’or et l’argent en particulier tiennent un rôle important au sein de la cosmologie, car ils représentent une dualité omniprésente dans la religion andine.  L’or, « la sueur du soleil », symbolise le jour, les divinités masculines et le monde céleste. L’argent, « les larmes de la lune », évoque la nuit, les divinités féminines ainsi que le monde souterrain. Le cuivre qui se corrode avec le temps est quant à lui comparé aux « mortels » et sa couleur rouge symbolise le sang. Ces trois métaux représentent les trois niveaux du monde, le monde des dieux qui se trouve en haut, le monde des hommes sur la terre et le monde des morts et des ancêtres sous terre.

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Parures Chimú, l’une en or, l’autre en argent, 900-1476 apr. J.-C.. Photo : Marilie Jacob

L’orfèvre ou « Amauta » a un statut élevé dans les sociétés précolombiennes, car il est celui qui connaît les secrets qui permettent de travailler le métal. Les croyances animistes font que l’ont considère également les métaux étant vivant et possédant un esprit. Le seul qui ait le pouvoir d’insuffler la vie, le « camac » dans les objets précieux est l’orfèvre, car celui-ci possède le savoir-faire technique nécessaire qu’il a hérité de ses ancêtres. La formation d’un orfèvre comprend donc une portion de connaissance religieuse en plus des habiletés manuelles.

Je trouve agréable de voir que les artisans aient tenu une place importante et respectable dans ces sociétés, car il est malheureusement assez rare qu’ils aient un tel statut, autant dans les sociétés anciennes que modernes.

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 Ostensoir et objets en filigrane, argent Photo : Marilie Jacob

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Urne eucharistique en forme de Pélican, argent, or, pierres précieuses, 1750-1760  Photo : Marilie Jacob

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 Ornement frontal Mochica, or, 100-800 apr. J.-C.. Photo : Marilie Jacob

 

Vous pouvez visiter « Pérou : les royaumes du soleil et de la lune » jusqu’au 16 juin 2013, ensuite l’exposition quitte Montréal pour être présentée au Seattle Art Museum. Le magnifique livre portant sur l’exposition est disponible à la boutique du Musée.

Marilie Jacob

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